Muriel Lhermet 

Des profondeurs…

Que se passe-t-il sous la surface ?

 

Partir de rien, d’une toile blanche, ex nihilo.  

Construire des strates successives, strates humaines, représentations de nos propres transformations.

Couvrir, creuser, saupoudrer, gratter, lisser, griffer la toile dans un incessant va-et-vient entre l’émergence et le recouvrement.

Composer des strates souterraines, invisibles, mais nécessaires à la création d'une densité sur laquelle, à la surface, se posent les derniers pigments poudrés porteurs de lumière et de couleur.

Recouvrir pour mieux laisser apparaître sous formes de cernes noires, ou de petits vaisseaux irrigants la toile, des espaces, des mondes intermédiaires, limbes où palpite la vie.

Unir ce qui serait dissonant. Juxtaposer matière et lumière, densité et légèreté, le lointain et le proche, la ligne et la forme.

Support et surface s’entremêlent. La vibration de la couleur est créée par la sédimentation des pigments. Pourtant cette vibration semble émerger de la surface.

Me revient alors cette citation de Paul Valéry : « ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau ».

 

Muriel Lhermet.

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