Thierry Rat  

À BRUITS DISCRETS

Dispositif de trois tentes confectionnées à partir de chutes de toiles cousues issue de mon travail de peintre. Sous chaque tente il y a un téléphone portable, chaque téléphone diffuse une partie de la liste des réfugiés décédés à Calais et ses environs qui ont tenté l’ultime traversée de la Manche.

Sur un écran au devant les tentes est projetée une vidéo de 45 secondes montrant les rangées de palissades de sécurité plantées le long des rails à la sortie de la gare TGV de Calais-Frethun. Sur cette vidéo on entend la conversation téléphonique d’un réfugié qui se trouvait à coté de moi à ce moment là.
Une autre vidéo, propose un vidéo-poème, les images ont étés tournées sur le terrain appelé «La jungle» ou pendant quelques années s’est établi un bidonville fait de tentes, d’habitats précaires, aujourd’hui détruit. Les images montrent les restes, et le renouveau du terrain en cours de viabilisation pour l’aménagement d’un parc Natura 2000 refuge pour les oiseaux migrateurs.


« Natif de la Bourgogne profonde. Il en a gardé le rouge comme liquide ordinaire et la couleur comme dominante de pensée”. Thierry Rat performe régulièrement ses textes soit seul soit en compagnie de musiciens créant pour l’occasion des ambiances sonores improvisées (Mickaël Pesin, Erwan Frelaut). Il réalise des vidéos-poèmes où se nouent le texte, l’image et le son. Il poursuit un travail plastique où la couleur dominante de sa pensée vient s’étaler, s’imbiber, s’imprégner dans la matière. Depuis 2000, il enseigne à l’École d’Art du Calaisis et a publié dans les revues Doc(k)s, Fusée, Ouste, Digraphe, Passage d’encres, l’Armée noire. Les éditons L’Âne qui butine publient Dacr(i)er en 2006, Sloap en 2010 et Nénette dite six fesses en 2017. No limit Tanger avec Christoph Bruneel aux éditions Cormor en Nuptial en 2018, révélant un style pamphlétaire où jurons, onomatopées et humour sont toujours utilisés à bon escient.
Au-dessus de sa tête : les mouettes et les nuages si français so british… my gode !
A ses pieds : le sable froid et humide et vaseux d’une plage qui a vue sur la côte anglaise quand les nuages font grève…
Au bout du doigt : les falaises, brisées de suicides & les Bourgeois de Calais, bronzés dans un parc fleuri public Rodin, merci…

 

Allez, présentons Th. Ra. :
Quand un bourgoneux un bourgonez enfin un Bourguignon traverse sa langue française d’est en ouest du nord au sud, non à pas d’escargot ni de bigorneau, mais à rail de sérail SNCF, ce trajet devient aléatoire, jubilatoire, défécatoire !

 

Défécatoire de mots, Villon dans la besace, vin rouge et oursin dans la rosace, l’écriture de TR est une savoureuse érection de vocables inventés, inventeurs, inventionneurs de situations absurdes, sans anomalie de ton. Beckett + Villon = l’équation improbable au paroxysme phonique, alimenté au fuel saturnin.
 

Sa couleur : rouge ! vin peinture pinceaux pintes rire atelier table charentaises -non pas ça
chiffons nœuds amis mots pots seaux de plage no limite tangere…»

 

Éditions L’Âne qui Butine, Mouscron Belgique.

Visitez le site de l'artiste.

À BRUITS DISCRETS

THIERRY RAT

Du 10 au 28 avril 2019

Vernissage samedi 12 avril à partir de 18h

Open Space Galerie d'art associative

8, rue Garenne 34200 SÈTE

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A bruit discret. © Thierry Rat 2018.

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